20/11/2025
Les 9 et 10 octobre derniers, nous étions au Palais des Congrès de Paris pour participer à Produrable, le rendez-vous majeur dédié à la transition écologique et sociale. Deux journées pour observer les tendances, confronter nos pratiques et enrichir notre manière d’accompagner les projets à impact. Ces échanges ont révélé des enseignements à la fois logiques dans leurs principes et complexes dans leur application. Des évidences que l’on connaît… mais que l’on perd de vue dans le quotidien opérationnel. Des constats qui rappellent surtout à quel point il est difficile — mais essentiel — de transformer la prise de conscience en actions concrètes, que l’on soit une organisation privée, associative ou publique.

La table ronde Avons-nous oublié les émotions dans la communication RSE ? a souligné un point clé : la rationalité seule ne fait pas bouger les lignes. La majorité des discours RSE reposent encore sur les données et la logique, alors que ce sont les ressentis qui influencent réellement le passage à l’action.
Cette analyse a été largement reprise lors de la conférence Réenchanter la communication face aux consommateurs engagés.
Valérie Martin (ADEME) a rappelé que la sensibilisation n’est plus le problème — 8 Français sur 10 savent qu’ils devront modifier leurs modes de vie — mais que les messages restent trop austères, trop lointains, pour générer l’engagement.
Rodolphe Landemaine (Maison Landemaine / Land & Monkeys) a, lui, illustré la nécessité d’aligner son discours avec ses actes : développement d’une offre végétale, création d’un fonds de dotation dédié au vivant, actions concrètes pour illustrer ses valeurs.
L’idée centrale ? Communiquer autrement : inspirer, raconter, toucher, plutôt que moraliser.
*Source : Pratiques environnementales des Français 2024, SDES
À Produrable, un message a été répété sans détour : la transition ne se fera pas sans coopération.
Pour François Bonnet (ONF), la réponse aux crises passe par la recherche scientifique, la participation citoyenne et le travail commun entre acteurs d’un même territoire.
Philippe Bihouix (AREP) renchérit : « L’humain n’est pas innovateur par nature, mais coopérateur. »
Même constat dans le privé : Isabelle Spiegel (Vinci) rappelle qu’un portefeuille de projets diversifiés permet d’équilibrer les initiatives exigeantes.
Dans nos accompagnements, nous faisons le même constat : la réussite dépend de l’articulation entre entreprises et associations, de la mobilisation d’acteurs locaux et du partage d’expertises. Ce sont les démarches collectives — et non les actions isolées — qui créent les avancées durables.
La table ronde Héritage en péril : protéger nos ressources pour les générations futures a rappelé que nos choix présents conditionnent la qualité de vie future.
Des pistes concrètes émergent : transformer d’anciennes carrières en plateformes de recyclage, suivre les forêts en temps réel, tester de nouveaux processus d’extraction, valoriser les matériaux réemployés.
Comme le dit Isabelle Spiegel : « Il faut rendre le recyclé désirable. »
Ces constats trouvent un écho direct dans les projets que nous accompagnons, où réduction, réutilisation et optimisation des ressources s’intègrent dans des solutions locales et des événements responsables.
La discussion autour du backlash RSE a confirmé que, malgré les crises économiques et les tensions politiques, la transition durable reste un sujet incontournable.
Selon Nils Pedersen (ONU) : « Le principal facteur d’instabilité reste la crise économique, mais 80 % des Européens souhaitent maintenir la priorité au développement durable. »
Quelques chiffres clés :
Virginie Catin (Legrand) illustre le contexte : certaines dimensions RSE doivent être adaptées selon les pays (comme la diversité aux États-Unis), sans remettre en question la démarche.
Fabrice Bonnifet (C3D) insiste, lui, sur l’urgence de passer d’une économie linéaire à un modèle régénératif, où les entreprises améliorent la société et l’environnement plutôt que d’en limiter les dégâts.
Pour nous, cette réalité confirme une idée simple : l’engagement RSE doit être pérenne, évolutif et stratégique. Un outil d’innovation, de compétitivité et d’impact réel.
*Source : Rapport ODD 2025
La table ronde Comment l’IA va transformer nos organisations et la RSE a ouvert des perspectives fortes. L’IA peut faciliter la décarbonation, automatiser le suivi des engagements et renforcer la performance environnementale.
Mais Marlène de Bank (The Shift Project) rappelle que les data centers pourraient représenter jusqu’à deux fois les émissions annuelles de la France d’ici 2035.
Muriel Pénicaud, ancienne Ministre du Travail, résume l’enjeu :
« L’humain répare, l’IA optimise ; mais l’intelligence émotionnelle et créative reste irremplaçable. »
Comme le souligne Laurent Félix, la question n’est pas ce que l’IA peut faire, mais ce que nous voulons qu’elle fasse.
Chez Soqo*, cela se traduit par un usage raisonné : la technologie comme soutien à l’impact, jamais comme substitut à la coopération humaine, à la pédagogie ou à l’ancrage local.
Produrable 2025 met en lumière cinq enseignements majeurs pour renforcer la transition écologique :
Ces apprentissages guident les projets et événements que nous pilotons chez Soqo*, convaincus que la transition se construit avec les acteurs de terrain, et qu’elle ne peut exister que si elle se matérialise dans des actions concrètes, collectives et désirables.

